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Dépénalisation de l’homosexualité : GayLib joue sur les mots
Mis en cause par une de nos informations en date du 29/09 pour avoir contesté qu’en 1981 la gauche avait " dépénalisé " l’homosexualité en France, Emmanuel Blanc, président délégué de GayLib nous adresse un droit de réponse.
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" Vous avez mis en cause Emmanuel Blanc, Président délégué de GayLib, pour les propos qu’il a tenus lors de l’émission " élevons le débat " sur Pink TV.
Ce dernier a en effet affirmé avec raison que l’homosexualité n’avait jamais été pénalisée en France depuis le Code Civil, et qu’elle n’a pas par conséquent été " dépénalisée " en 1981.
Rappel des faits historiques :
1791 : fin de la répression de la sodomie, et de la pénalisation de l’homosexualité en tant que telle
1980 : fin de la double peine s'agissant d'atteinte à la pudeur entre homo
1982 : fin de la discrimination vichyste qui fixait la majorité sexuelle aux relations homo à 18 ans alors que l’age de la majorité sexuelle pour les hétérosexuels étaient de 16 ans.
Ainsi, si la gauche a aboli une discrimination manifeste, elle n’a en aucun cas " dépénalisée " l’homosexualité, qui ne l’était pas en France depuis 1791. Il n’est que se souvenir des refuges que trouvaient les homosexuels Anglais à Paris au XIXème siècle (Oscar Wilde et bien d’autres), pour se rendre compte qu’il n’a pas fallu attendre 1981 pour que l’homosexualité soit libre en France, au moins légalement.
Si la loi de 1982 constitue un progrès, comme celle sur la pénalisation des propos homophobes portée par Jean-Pierre Raffarin en 2004 l’est aussi, il ne s’agit en aucun cas d’une " dépénalisation " de l’homosexualité.
La seule chose stupéfiante dans cette affaire semble être l’ignorance des " journalistes " de e-llico qui feraient bien de recouper leurs informations avant les publier.
Le Bureau de GayLib ".
Nos lecteurs apprécieront naturellement la leçon d’histoire de ce " responsable politique " UMP. Ils mesureront également la démonstration qui consiste à jouer sur les mots pour tenter de faire apparaître les mesures prises pour mettre fin à la discrimination entre homos et hétérosexuels au niveau de la loi comme une mesure " technique " qui n’aurait pas sonné le glas du maintien effectif des homosexuels français dans une pénalisation de fait les empêchant de jouir des mêmes droits que les citoyens hétérosexuels.
La suppression du fichier recensant les homosexuels au niveau des services de police par Gaston Defferre n’est pas davantage une " dépénalisation " de l’homosexualité au sens strict du terme. Pour autant, cette mesure a, elle aussi, été vécue par la communauté gay de l’époque comme le signal d’une libération effective des homosexuels du carcan que les dispositions de la loi ou les pratiques des services de l’Etat utilisaient pour leur dénier le droit à l’égalité.
Nous n’aurons pas davantage la cruauté de rappeler qu’à l’occasion de la réforme du Code pénal au début des années 90, des sénateurs RPR, dont certains sont aujourd’hui membres de l’UMP, avaient tenté de "recriminaliser l’homosexualité" en tentant de faire abroger les dispositions adoptées en 1982. Evidemment, chez ces fins esprits, il ne s’agissait sans doute pas de "pénaliser l’homosexualité" mais cela y ressemblait bigrement !
Les " journalistes " d’E-llico
Mis en ligne le 30/09/05
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