Si l'on en croit un sondage Ipsos réalisé pour le collectif "Maires pour l'enfance", rendu public mercredi, 74% des maires seraient opposés au mariage entre homosexuels contre 23% qui y seraient favorables.
2% des maires affirment avoir déjà reçu une demande de mariage entre deux personnes de même sexe, ce qui n'a rien de surprenant chacun sachant qu'un tel mariage n'est pas légal.
Le même sondage indique que 73% des maires sont aussi hostiles à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels. 61% sont contre le recours pour des couples lesbiens à l'insémination artificielle.
Enfin, 81% des maires considèrent qu'il faut maintenir le modèle parental avec un père et une mère, "au nom de l'intérêt de l'enfant".
Avec cette dernière question, on perçoit clairement l'objectif de ces "Maires pour l'enfance" : faire pression sur les politiques pour bmoquer les propositions législatives de droite et de gauche qui veulent accroître la reconnaissance des couples de même sexe, soit par une union civile (UMP), soit par la légalisation du mariage homosexuel (Gauche).
Le collectif des "Maires pour l'enfance" n'est pas inconnu. Composé principalement d'élus de droite et d'élus ruraux, il milite depuis des mois contre le mariage homosexuel et contre l'adoption. Il affirme regrouper 12.500 maires, mais n'a jamais publié la liste des signataires de son appel. Cette structure est un groupe de pression qui agit principalement auprès de la majorité pour fédérer les élus hostiles aux droits homosexuels. Son lobbying s'exerce essentiellement auprès des maires des petites communes rurales en agitant le spectre de l'adoption pour les homosexuels.
La proportion de ces maires de bourgs ou de villages est très importante au sein des plus de 30 000 communes françaises.
Il est d'ailleurs significatif que rare sont les maires grandes villes à avoir rejoint ce mouvement.
La représentativité du collectif est d'autant plus sujette à caution que les principales formations politiques, composées d'élus elles aussi tout aussi légitimes, ont inscrit dans leurs programmes pour les élections de 2007 des mesures allant du statut spécifique pour les couples gay et lesbiens (UMP, UDF) à l'égalité face au mariage (PS, Verts, PC).
Les maires sondés à la demande du collectif apparaissent aussi en totale opposition avec l'opinion des électeurs telle qu'elle transparaît au fil des (nombreux) sondages qui se succèdent depuis des mois et qui attestent tous de l'adhésion des Français à la légalisation du mariage pour les couples de même sexe, de Têtu à Famille chrétienne.
Il n'est pas inutile, par ailleurs, de rappeler que les maires ne font, ni ne votent les lois selon notre constitution, mais qu'ils sont par contre censés les appliquer, même si elles ne correspondent pas à leurs convictions.
On ne peut donc manquer de lire en filigrane les finalités des commanditaires du sondage quand on lit dans ses résultats que 65% des maires estiment qu'ils devraient être consultés avant toute initiative législative concernant le mariage homosexuel ou l'adoption d'enfants par des couples homosexuels.
Sondage réalisé par téléphone du 24 octobre au 8 novembre auprès d'un échantillon national de 500 maires, représentatif des communes de France (méthode des quotas).
Mis en ligne le 23/11/06
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