Licencié il y a plusieurs mois d’un poste de cadre au rayon vêtements du supermarché Leclerc de Lunel, Vincent (1), sur les conseils de son avocate, reprend contact avec certains de ses collègues afin d’obtenir de leur part des certificats attestant qu’il a effectué de nombreuses heures supplémentaires non rémunérées.
Il pense d’ailleurs que son licenciement subit est la cause d’un désaccord avec son ancien employeur au sujet des heures supplémentaires. Or il apprend, de la bouche de ses collègues, que son licenciement serait dû en réalité au fait qu’il soit gay. Son ancien employeur aurait notamment manifesté lors de réunions internes son hostilité à la présence d’homosexuels dans l’entreprise et même proféré des insultes.
"C’est ce que confirme une vingtaine d’attestations d’anciens collègues de Vincent, indique Hussein Bourgi du Collectif contre l’homophobie de Montpellier qui soutient Vincent dans ses démarches. Le directeur du supermarché Leclerc est défendu par l’avocate du groupe Leclerc. Au début, elle pensait avoir affaire avec une simple affaire d’heures supplémentaires et lorsqu’elle a compris qu’il était aussi question de discrimination, elle a demandé un report. L’affaire de Vincent sera plaidée devant le tribunal des prud’hommes le 24 janvier." Vincent demande le paiement d’environ 10 000 euros d’heures supplémentaires, trois mois de salaire, le remboursement de ses frais d’avocat et 15 000 euros pour licenciement sans causes réelles.
J.-F. L.
(1) Le prénom a été changé.
Mis en ligne le 22/01/07
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