Depuis mai 2006, les autorités russes interdisent systématiquement la Gay Pride de Moscou. Les tentatives de rassemblement ont été matraqués par des nationalistes et religieux en 2006 et 2007 sous l'oeil indifférent des forces de l'ordre russes et l'édition 2008 a été interdite par un jeu de procédures administratives et judiciaires.
Chaque année, les militants LGBT qui décident de braver ces interdictions sont violemment attaqués, battus, arrêtés et jugés.
La Gay Pride 2009 se déroule cette année le même jour que le concours Eurovision de la chanson - le 17 mai - pour profiter du coup de projecteur médiatique international que représente l'évènement, mais elle risque fort d'être, une fois encore, interdite.
"C'est une violation de l'article 11 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme que la Russie a ratifié et qui prévoit la liberté de rassemblement et d’association", souligne les militants LGBT russes qui ont choisi de porter ces cas de discrimination devant la Cour européenne des droits de l'Homme de Strasbourg, comme l'a fait avant eux la Pride de Varsovie.
Toutefois, l'institution internationale ne devrait pas statuer sur ce cas avant cinq à six ans. Selon les militants russes, la Cour européenne tarde à ouvrir le recours qu'ils ont déposé contre leur pays.
Curieusement, à l'inverse de pays européens comme la Pologne ou la Lettonie, la Russie n'a encore jamais été condamnée par une quelconque instance européenne en charge des droits de l'Homme.
Le Conseil de l'Europe, saisi lui aussi depuis 2006, n'a pris aucune action concrète pour faire respecter l'article 11 à la Russie et garantir ainsi la liberté de rassemblement de la communauté LGBT.
Les activistes LGBT russes sont las de cette inaction et de ces délais interminables. A quelques semaines de la Pride 2009, ils engagent une série d'actions à Strasbourg et Luxembourg pour demander à l'Europe "de prendre ses responsabilités et de cesser de tolérer la violation systématique de la liberté de manifester de la communauté LGBT".
Ils sont au Parlement Européen, ce mercredi, pour rencontrer des eurodéputés et des représentants de la Commissions européenne et jeudi, une conférence de presse est organisée au Luxembourg au siège des Verts.
Vendredi, un rassemblement public est prévu à Strasbourg, place Kléber, à 13 heures, avec le soutien des organisations LGBT locales comme TaPaGeS.
Un rassemblement similaire aura lieu dimanche 15 février, place des Nations, devant l'ONU à Genève à 14h.
Mis en ligne le 11/02/2009
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