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Robert, Six pieds sous terre
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Après sa collaboration sulfureuse avec Amélie Nothomb, la chanteuse Robert offre avec "Six pieds sous terre" un album audacieux et particulièrement réussi, sur une orchestration baroque.
Quelles sont les œuvres qui ont nourri votre univers de conte de fées avorté ?
Il y a deux pans dans mon enfance qui m’ont nourrie : mon historique familial assez lourd, très obscur, qu’il fallait cacher. En parallèle, je m’envolais, je me calfeutrais dans les contes d’Andersen. C’était vraiment le pilier de mes lectures ainsi qu’Apollinaire et Pierre Reverdy, deux auteurs que j’ai lus assez jeune.
Vous êtes revenue à des textes moins violents, moins sanglants…
Dans "Celle qui tue", il y avait six chansons d’Amélie Nothomb : l’album était donc rempli de son univers ! Je prenais beaucoup de plaisir à les interpréter sur scènes car ce sont des chansons très bruyantes, très vivantes, qui me sortaient du quotidien calfeutré d’Andersen. C’est ça une collaboration : on partage un univers et ensuite, lorsque l’on recommence à travailler seule, on revient à ses sources !
Avec "Ta femme, ton drapeau", on retrouve à nouveau le thème des amours féminines…
Dans les textes d’Amélie, il y avait toujours cette fascination d’une femme sur une autre. Dans cette chanson, il s’agit d’amour, sans ambiguïté. Dans mon public, il y a beaucoup de femmes qui s’aiment. J’ai remarqué qu’on en parlait peu : les homosexuels puis, éventuellement, les lesbiennes. J’avais envie de leur rendre hommage à travers une chanson qui revendique l’autre : quand on est avec quelqu’un, on se colore d’un drapeau. On n’a pas la même allure selon qu’on est avec telle ou telle personne…
Pierre Frau
"Six pieds sous terre ", Robert, Night and Day/DEA. Robert en concert à L’Olympia le 5 février 2006. A noter la sortie simultanée en DVD de son spectacle du 25 septembre 2004 à La Cigale.
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